
Si nous avons le plaisir de la retrouver sur la table, le Larousse nous dit qu’une bûche « est un gros morceau de bois coupé pour être mis dans le feu », mais alors y a t il un rapport entre la bûche de la cheminée et le gâteau gourmand de Noël? Et si oui, lequel? C’est ce que je vous propose de comprendre…
Avant de vous en dire plus, un mot sur les photos de cet article, parce que les photos c’est important… Les deux bûches en photo ont été réalisées par William Andrieu de la pâtisserie Ô Gourmandises. Et comme je n’ai pas de cheminée, c’est Benoit, un ami qui m’a fait les photos de son feu de cheminée, je les remercie tous les deux!
En pâtisserie, qu’est ce qu’une bûche? Traditionnellement, c’est un gâteau qui a l’aspect d’un rondin dont les rainures sont généralement tracées à la fourchette et rappellent l’écorce. Une bonne bûche est un savant mélange de textures et de saveurs.
- C’est un biscuit moelleux, imbibé ou pas de sirop contenant du rhum, du Grand-Marnier …
- C’est une « farce »: crème au beurre, marmelade de fruits, crème de marrons, chocolat , confiture, crème légère au mascarpone…
- Le résultat doit être semblable à un rondin de bois, décoré de crème, de crème chantilly, de ganache, de fruits, de biscuits, de meringues avec le plus souvent des petites figurines censées représenter Noël et l’hiver.
Comme son nom l’indique notre bûche pâtissière est une imitation de la bûche de la cheminée, mais pourquoi?
C’est une longue histoire…que je vais essayer de vous expliquer… Dans de nombreuses
- La bûche provenait le plus souvent d’un arbre fruitier, les fruits étant un symbole d’abondance, elle était coupée avant le levé du soleil.
- Après l’avoir décorée de feuillages et de rubans, elle était déposée dans le foyer par l’aîné et le cadet de la maison, symbole de la famille et de la transmission.
- Avant de la bruler, la bûche était bénie à l’aide d’une branche de buis, ou de laurier, qui avait été conservée depuis la fête des Rameaux.
- Elle devait faire de hautes étincelles à l’allumage, pour prémunir des mauvaises récoltes et porter bonheur, ce qui explique aussi le choix de bois de fruitiers! Plus les étincelles étaient hautes, mieux allait être l’année à venir: de bonnes récoltes, peu de sécheresses ou d’inondations…
- On versait parfois sur cette bûche de l’huile, du miel du vin en offrande.
- Du gros sel pouvait également être jeté sur la bûche enflammée afin de protéger la maison des sorcières et autres mauvais esprits.
- Cette bûche, devait se consumer très lentement puisque parfois elle brulait très doucement jusqu’à l’Épiphanie, soit 12 jours après Noël!
- Les tisons de la bûche consumée étaient conservés précieusement puis remis au feu en cas de maladie ou de famine dans le foyer pour rompre les malheurs.
- On conservait quelques tisons de la bûche précieusement afin d’allumer la bûche du Noël suivant.
- Les cendres, par superstition, n’étaient pas non plus entièrement jetées puisqu’elles servaient à protéger des accidents, notamment ceux causés par la foudre.
Pourquoi est-on passé de la bûche de la cheminée à la bûche pâtissière?
Le modernisme… Au cours du XIXème et du XXème siècle, les très grandes cheminées
La pâtisserie au service de la tradition, mais qui a inventé la bûche?
De nombreux pâtissiers se disputent la paternité de la bûche telle que nous la consommons à Noël aujourd’hui. Alors qui est le père de la bûche de Noël??? Qui a eu l’idée d’une génoise roulée pour faire échos à la bûche de l’âtre, autant dire que très logiquement, de nombreux pâtissiers ont pu avoir l’idée en même temps. Voici quelques pistes…
- un des ouvriers pâtissiers de l’hôtel La Vieille France à Paris l’aurait créé en 1834.
- elle tirerait ses origines du traditionnel “gâteau roulé de Noël” natif de la région Poitou-Charentes au XIXème siècle.
- ce serait Pierre Lacam, historien, grand pâtissier et glacier de Charles III, Prince de Monaco, qui l’aurait imaginée, recettée et consignée dans son Mémorial de la pâtisserie en 1863 c’est peu probable puisque dans son livre, il met en avant les recettes des autres, ce qui tendrait à prouver qu’il n’est pas le père de la bûche.
- Quillet, un pâtissier parisien, qui a inventé la crème au beurre vers les années 1870, aurait inventé la bûche, ce serait lui le père de notre bûche.
Alors finalement, depuis quand mange-t-on une bûche pour Noël?
C’est en 1945, après la seconde Guerre mondiale que la bûche s’est démocratisée d’abord en France, puis partout dans les pays francophones, c’est l’époque ou la fête de Noël s’uniformise…
La bûche pâtissière et la bûche de la cheminée de symbole en symbole!
- alors que l’on versait du vin pour éloigner le mauvais oeil sur la bûche de la cheminée, traditionnellement on punchait la génoise, c’est à dire que l’on mouillait le biscuit avec un sirop au rhum, au kirsch…
- alors que l’on choisissait un arbre fruitier pour tailler la bûche, on met souvent dans la bûche pâtissière des fruits, symbole d’abondance…
Par contre on en garde pas une part pour l’année suivante!!!
Existe-t-il d’autres gâteaux qui symbolisent Noël?
A travers l’Europe, il existe d’autres gâteaux qui sont préparés et dégustés pour Noël. On peut citer par exemple:
- Le panettone, une brioche aux fruits confits, raisins secs et zestes d’agrumes, en Italie
- le kouglof , en Alsace
- le stollen, un pain aux fruits secs et confits farci de pâte d’amande en Allemagne
- le pudding, en Angleterre
- le kringle, une brioche tressée à la cannelle en Estonie
- le makoviec, un roulé au pavot en Pologne
Ce que l’on peut constater c’est que tous ces desserts traditionnels contiennent des fruits secs qui étaient symboles d’abondance et de fertilité. Ainsi, on multiplie les mets à Noël, car « l’abondance promet l’abondance ».
Je souhaite à chacun de vous, un Joyeux Noël!
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