Rencontre avec Jean Louis Orengo, aventurier, explorateur, ichnologue et inventeur de la Georgette

Voilà une rencontre bien surprenante dans un blog dédié à la cuisine, aux produits et à tout ce qui touche à la gastronomie en général, me direz-vous ! Et pourtant… C’est en voulant en savoir davantage sur celui qui est à l’origine de la Georgette , ce couvert innovant, que j’ai rencontré Jean Louis Orengo. Cet homme a un parcours de vie digne d’un roman ! Sa vie est une sorte de puzzle ou chaque élément trouve sa place et permet de cerner sa personnalité hors du commun ! Nous avons échangé pendant près de 4 heures… Je vais tenter de vous raconter cet homme… sa vie explique sa géniale invention!

Vous êtes ichnologue, mais qu’est-ce que l’ichnologie ? L’ichnologie c’est la science de l’interprétation des traces. C’est une science transversale qui permet de développer son sens de l’observation et de comprendre un peu mieux notre écosystème.

Vous observez et relevez des traces d’animaux c’est cela ? Au départ j’étais un naturaliste ichnologue, je recherchais, j’interprétais, je relevais des traces d’animaux. Aujourd’hui, je fais de l’ichnologie, toutes les traces m’intéressent. J’ai mis 15 ans à passer du naturaliste ichnologue à l’ichnologue généraliste.

Vous êtes donc un enfant de la campagne ? Non, je suis né à Montpellier, donc en pleine ville. Ma mère était bibliothécaire et mon père était artiste, il avait une poterie en ville et une dans les Cévennes. La semaine je grandissais en ville et le week-end je découvrais la nature dans les Cévennes.

Quel enfant étiez-vous ? J’étais un mauvais élève, j’ai haï l’école.

C’est la seconde fois que l’on se rencontre et c’est la seconde fois que vous me faites cette remarque ?  D’être un mauvais élève, oui ça m’a marqué ! Ca a été un frein par rapport au système, par rapport à mes parents. Mais je crois qu’en maternelle j’étais un bon élève, j’étais probablement brillant.

Pouvez-vous m’expliquer cela ? Pour aller à l’école, nous traversions le marché aux poissons. Il y avait quelques fois des anguilles vivantes ou des crabes qui étaient « tombés » des étals… Je ramassais ces animaux pour les emmener à l’école, et j’expliquais, j’apprenais aux autres enfants, j’étais utile. Dès ma petite enfance, les animaux me fascinaient. Arrivé au CP, les choses se sont gâtées, il fallait rester assis, ne pas bouger à écouter des personnes pas toujours passionnées. Ça a été très compliqué pour moi.

Dans ces conditions comment se passe votre adolescence ? Je passais beaucoup de temps dans la nature. J’allais pêcher, chasser pendant des heures, je faisais des randonnées, je ramassais des champignons, des truffes, des poireaux et des asperges sauvages, des châtaignes… Ma mère avait une grande aptitude à me laisser faire, elle m’emmenait souvent dans la nature et je mesure aujourd’hui que c’était une vraie chance. Et pendant les week-ends, les vacances, il y avait les Cévennes…

Puisque nous parlons de l’enfance, quel est votre plus ancien souvenir gustatif ? Sans hésitation, le poulet à l’argile que faisait mon père, je n’avais pas 10 ans… Le poulet était cuit avec ses plumes dans une coque d’argile déposée dans le feu. Je n’ai jamais revécu cela… il faut que je le refasse dans les 10 ans qui viennent, j’en ai très envie.

Vous adorez la nature, êtes-vous ce que l’on peut appeler un écologiste ? Je suis un chasseur, un pêcheur et un écologiste. Mais pas au sens des écologistes d’aujourd’hui, qui détestent l’homme parce que c’est un prédateur mais qui adorent d’autres prédateurs comme l’ours, le loup, l’aigle… Ce n’est pas normal, j’existe au même titre qu’eux avec la conscience que cette biodiversité est essentielle à la pérennité de la vie.

Vous aimez la chasse, la pêche et la cueillette des champignons, quels sont votre gibier, votre poisson et votre champignon préférés ? C’est difficile de faire un choix ! Pour le gibier, le lièvre ou le chevreuil cuit à la broche et la biche fumée, un peu comme un saucisson. Pour le poisson, une truite juste pêchée qui se retourne sur une poêle ou une ardoise chaude. Et pour les champignons, une poêlée de girolles accompagnées de pommes de terre croquantes.

Etes-vous gourmands ? Avez-vous un plat préféré ? Je dirais oui, certainement ! Je n’ai pas d’aversion particulière, je mange de tout. J’aime beaucoup les fruits de l’été comme les pêches, mais également les coquilles Saint Jacques, les couteaux, les poissons de mer frais… Cependant il ne faut pas me laisser à portée de main, près de moi des oreillettes, une vraie gourmandise pour moi !

Etant « mauvais élève » comment s’est passé votre parcours scolaire ? Plutôt mal, mais je suis allé jusqu’au Bac que j’ai raté avec succès ! J’étais particulièrement mauvais en mathématique et les enseignants m’ont dit que je ne ferais jamais de carrière scientifique. J’étais très inquiet pour mon avenir, mais je n’ai pas repassé le Bac, je n’aurais pas supporté un nouvel échec. J’ai décidé de passer un CAP de taxidermiste. J’étais en stage à Montpellier les mercredis après-midi. Et j’ai passé l’examen en candidat libre à Pantin. Je suis un inculte au sens livresque du terme, je ne suis pas allé à l’université. Je suis passé par le connaissance expérimentale. Aujourd’hui encore, la théorie ne m’intéresse qu’à partir du moment où l’expérimentation l’accompagne. J’ai le plaisir maintenant de former des gardes de parcs nationaux, de réserves naturelles, des gardes chasses ou des animateurs nature à l’ichnologie.

CAP en poche, vous trouvez du travail ? Oui mais, il me faut faire mon service militaire. Je décide de le faire dans les chasseurs alpins, pour être au plus près de la nature. Durant mon service militaire, je vais vivre des choses fortes qui vont changer ma relation à la vie.

Que s’est-il passé durant votre service militaire qui vous a marqué à ce point ? Lors d’une ascension du Mont Blanc, notre section composée de 23 hommes a été prise dans une tempête, c’était en aout 1985. Il y a eu 36 heures dont 2 nuits d’enfer, sur une arête à 3700 m d’altitude, nos tentes ensevelies sous 1 m de neige lourde. La dernière nuit je l’ai passée recroquevillé sur les genoux de mon coéquipier d’infortune Lin Bourdais. Il y a eu au moins 6 morts des civils alentours et un pied gelé d’un camarade. Ce n’était pas beau à voir. Avalanches et crevasses piégeuses ont failli alourdir l’addition à la descente. Blottis l’un contre l’autre nous avons décidé si nous en rechapions de partir ensemble dans le grand nord canadien. De retour dans la vallée des Chapieux encore vivant, ma philosophie de la vie avait changé, j’avais la chance de vivre l’argent n’avait jamais eu aussi peu de valeur.

C’est donc à la fin de votre service militaire que vous partez en expédition ? Non ! C’est seulement 2 ans après notre service militaire que Lin Bourdais m’a rejoint à Saint Lizier, on vivait dans mon petit appartement, et on a tout de suite fait le constat que nous n’avions pas les moyens financiers de partir en expédition à la date prévue. Il nous fallait nous entrainer et trouver les financements pour partir un an plus tard. Mais à force de persévérance nous partirons !

Comment vous retrouvez-vous à Saint Lizier ? Pourquoi ne pas être allé dans les Cévennes que vous aimiez tant ? Ce sont des rencontres qui m’ont amené ici ! Ce serait un peu long de tout raconter en détail… Mais tout est quand même parti des Cévennes puisque c’est grâce au directeur régional de L’ONF qui avait une maison secondaire à Roquedur-le-haut, Monsieur J L Roques que je suis arrivé dans les Pyrénées. Je devais faire un stage à l’ONF, le chef de centre habitait Saint Lizier. Après un hiver en stage ONF solitaire au bord du lac de Bethmale, à 1100m d’altitude, je suis revenu ici. J’ai été serveur dans un petit troquet créé avec un ami. J’alternais les services et la rénovation d’une vieille grange municipale qui allait devenir mon atelier de taxidermie.

Que retenez-vous de ces années de taxidermiste ? Ce sont des années ou je vais beaucoup apprendre au travers, des dents, des poils, des plumes, des odeurs, de l’anatomie. J’observe énormément les animaux avant d’opérer. C’est là que je découvre certaines particularités des pattes des animaux, le positif de la patte apporte plus de détails que le négatif des empreintes. Je vois des choses que je n’avais jamais vu, je vois que chaque patte est différente, droite, gauche, antérieure ou postérieure.

C’est à cette époque que vous commencez à prendre des empreintes ? Oui, grâce à un prothésiste dentaire qui m’a accordé du temps pour m’expliquer comment faire, je ne savais encore rien de l’ichnologie à cette époque ! Le plus drôle est que ma première empreinte, celle d’un chien, a été faite par hasard avec un reste de ciment alors que je crépissais le mur de mon futur atelier…

Pourquoi avoir arrêté la taxidermie ? J’étudiais longuement chaque animal avant de le naturaliser, mon activité n’était donc pas économiquement viable ! Et puis après 2 ans, je me suis rendu compte que je n’avais pas envie de naturaliser des animaux toute ma vie et surtout de ne faire que ça ! J’avais découvert que ce qui me plaisait beaucoup c’était de transmettre, d’expliquer, grâce aux enfants du village qui venaient souvent me voir. J’ai même travaillé au centre d’accueil de vacances de la station des Monts d’Olmes, opportunité qui m’a été donnée par Lucien Peyraud de l’inspection académique de l’Ariège, qui avait senti ma passion des animaux et de la nature en général. Ce fut une belle expérience ou j’ai pu transmettre. Mais j’avais toujours en tête l’idée de cette expédition dans le grand nord pour aller voir des animaux sauvages, avec Lin nous avons tout mis en œuvre pour partir.

Tout mettre en œuvre pour partir, ça veut dire quoi ? Ça veut dire beaucoup d’entrainements. Nous avons passé l’hiver sans chauffage, on vivait jour et nuit avec les fenêtres ouvertes, à chaque randonnée on se baignait dans des lacs gelés afin de nous habituer au froid. A cette époque je contacte des grands noms des expéditions polaires comme, Paul-Emile Victor Jean-Louis Etienne, Madeleine Griselin. Elle est géographe, hydro-glaciologue, elle accepte de nous donner les traineaux en Kevlar de sa dernière expédition. Mais il nous faut trouver des financements, je monte un dossier Défi Jeune du ministère de la jeunesse et des sports. Deux conditions sont à remplir, se former et avoir un lieu de repli, nous le trouvons grâce à un sportif, Fernand Lamy champion de France de canoé Kayak, qui avait construit des cabanes dans le grand nord. Finalement notre dossier est retenu, nous sommes les lauréats du Défi Jeune. Pour nous former, nous avons fait un stage de survie en Ardèche ou nous n’avons rien appris sur la survie, nous étions déjà aguerris. Par contre, nous avons appris à faire de la photo et des films. C’est ce qui explique que nous allons partir avec une caméra 16 mm manuelle et 2h de film, avec toujours l’idée de transmettre. Nous allons enfin pouvoir partir. C’est en préparant l’expédition que née l’idée de la Georgette, en effet il fallait alléger le traineau et le bon outil n’existait pas !

Quel était l’objet précis de l’expédition ? C’était : « L’étude des traces et vivre comme Jack London »

Comment se passe cette expédition ? Nous partons l’hiver 88/89, notre expédition va durer 5 mois : 1 mois avec des trappeurs, 3 mois d’isolement total, 1 mois de rencontres avec des biologistes. Nous allons vivre des moments forts. Alors que cela fait 15 jours que nous sommes seuls, nous n’avons pas vu un seul animal, nous décidons de quitter la cabane et de partir en exploration pendant qu’il neige, nous atteignons un lac ou nous nous installons pour la nuit. Mais pendant la nuit la neige cesse de tomber, le grand froid arrive et au réveil il fait -40°, Lin a 8 doigts gelés, ce qui nous oblige à repartir en urgence vers la cabane à deux journées de marche, c’est un moment très difficile pour Lin qui va avoir le sentiment de compromettre l’expédition du fait de sa fragilité au froid. Ce moment va changer la dynamique de l’expédition, nous allons nous poser beaucoup de questions, jusqu’à ce que Lin décide de partir seul faire le point en bivouac à 1 km de la cabane, pour se redonner confiance. Il passe la nuit à moins -30° à la belle étoile dans un trou de neige et retrouve le moral pour continuer l’expédition. Ça passait ou ça cassait, et c’est passé…

Pour votre expédition qu’aviez vous emporté pour manger? C’est un souvenir lointain ! On a fait avec des choses simples, pas de nourriture lyophilisée qui aurait fait exploser le budget de l’expédition. Nous avons emporté de la mélasse, de la confiture et du gruau pour les petits déjeuners. Des biscuits secs pour tartiner mais on avait emporté de la farine pour faire notre pain. L’apport en vitamines a été garanti par des oranges, des lentilles, des fruits secs et le foie des animaux que nous chassions. Le premier a été un porc-épic…

Que vous a apporté cette expédition ? Avez-vous fait des empreintes sur la neige ? On a pris des empreintes mais il a fallu développer de nouvelles techniques, on a utilisé du beurre par grand froid et du plâtre. Le plus important c’est que je pensais apprendre sur les animaux, mais en réalité c’est sur l’homme que j’ai le plus appris. J’ai compris que l’on doit accepter l’autre tel qu’il est pour mieux cohabiter sinon c’est le divorce permanant. Pour Lin cette expédition a été une belle expérience, pour moi elle a été le début de quelque chose. Seul je n’aurais pas eu le courage de me lancer dans cette aventure. Ces longs moments de solitude partagée ont favorisé l’introspection, le regard que je portais sur la vie des hommes, des animaux et sur la psychologie, la vie de mes propres parents a changé. J’ai sellé une amitié indestructible avec mon équipier, fleurté avec mes limites physiques et j’ai pris confiance en moi dans la perspective de projets futurs.

C’est au retour de l’expédition que vous créez Georgette ? Non, l’idée est là mais il faudra attendre un peu plus de 10 ans. Le retour en France est difficile… Cependant je m’occupe du film, c’est ma grand-tante et ma mère qui m’aident financièrement parce que la post-production coute cher. Ce film va me permettre de gagner ma vie, d’être autonome en le présentant surtout dans des écoles. Et je vais être invité au festival de l’aventure des Angles grâce à Madeleine Griselin. Ça va être une semaine formidable ou je vais côtoyer des grands aventuriers comme Éric Tabarly, Jean-Louis Etienne, l’équipe Cousteau…, et je vais faire vivre à ma jeune compagne et à ma mère une semaine hors du commun. Ensuite c’est dur de revenir à la maison dans le quotidien. La vie économique est compliquée, dur dur pour arriver à gagner un petit SMIC, mais la vie de passion continue.

Vous êtes donc en couple à ce moment-là ? Oui j’ai rencontré Catherine à Saint Lizier avant mon départ en expédition. Elle est originaire de Montpellier comme moi et venait en vacances ici chez sa grand-mère. Catherine a 9 ans de moins que moi et nous partageons la passion de la nature. Nous avons aujourd’hui 5 enfants, 3 garçons et 2 filles. Ils ont 20, 18,15,13 et 6 ans. J’essaie de leur transmettre l’importance d’être généreux et d’acquérir des savoirs faire, de les sensibiliser à la culture de projets et à celle du travail. Ils peuvent compter sur moi s’ils ont des passions et des projets ou s’ils sont malades sinon, je n’ai pas grand-chose à leur apporter et ils n’ont qu’à vivre leur vie.

Avec votre relation particulière à l’école, comment avez-vous géré la scolarité de vos enfants ? J’ai toujours dit à mon épouse et à mes enfants que l’école n’était pas indispensable, ce qu’ils n’ont pas toujours compris. Ça a été l’objet de tension. Mais depuis que Georgette a gagné 3 médailles d’or et que ça commence réellement à marcher, les choses ont changées, ils ont compris que l’avenir de la famille était lié à la créativité. Nous ne sommes pas faits pour passer autant de temps assis à écouter des enseignants méritant mais pas toujours passionnés. L’école devrait davantage servir à donner envie d’apprendre qu’à remplir des têtes de programmes qui fabriquent des clones du savoir.

Vous avez fait d’autres expéditions ? Oui, plusieurs ! J’ai fait beaucoup de sorties en montagne avec des jeunes passionnés par la nature, je suis devenu une sorte de référent pour certains d’entre eux. Aussi l’idée de les emmener en expédition a germé, avec le souhait qu’ils n’aient rien à payer. C’est animé par l’envie de transmettre que je suis devenu chef d’expédition, dans le grand nord Canadien en 91, puis au Gabon en forêt équatoriale en 95. Dix jeunes ont participé à la première et 14 à la seconde. Mais j’ai été un peu déçu par la dernière, sur les 3 mois, je n’ai pu m’adonner à ma passion du pistage que 15 jours… et les implications éducatives de certains biologistes et spécialistes n’ont pas toutes été à la hauteur de mes espérances.

Et Georgette ? C’est un projet qui a du sens. Le respect de l’environnement est la base essentielle de l’avenir de l’homme sur la terre, apprendre à moins consommer, à moins polluer, est important. Pourquoi produire une fourchette et une cuillère alors que vous pouvez tout manger en variant les plaisirs avec un seul couvert. Imaginez les tonnes d’inox et les milliers de litres d’eau de vaisselle que la Georgette peut faire économiser. Le plaisir de manger avec une Georgette est bien supérieur à celui de manger avec les couverts traditionnels. Les inventeurs sont des utopistes jusqu’à ce que leurs idées deviennent des évidences. « Ma Georgette » est aujourd’hui au même stade que la fourchette il y a à peine 4 siècle. La réussite économique de la commercialisation est pour nous l’outil qui permet la réalisation de notre rêve lié aux sciences naturelles. Quand je dis « nous », c’est Cathy et moi !

Grace à l’aventure Georgette, vous avez rencontré des grands chefs et mangé dans des grandes table, Pouvez vous me faire part de votre sentiment ? Si je peux j’aimerais en citer plusieurs!

  • André Daguin qui du haut de ses 80 ans m’a séduit avec sa verve et la passion qui l’habite. Il m’aura passionné.
  • Gilles Goujon, avec son épouse se sont des fonceurs au grand cœur qui n’ont pas oublié d’où ils viennent.
  • Hélène Darroze, ça a été une vive émotion pour moi que de voir mes Georgettes sur ses tables. C’est la première fois que je mangeais dans un restaurant étoilé invité par la maitresse des lieux.
  • Alain Ducasse, insaisissable, yeux malicieux et lunettes à la main, je rêvais de lui parler, lui l’inaccessible qui avait osé Georgette avant les autres, je n’ai pas été déçu…
  • Paul Bocuse, que je n’ai jamais rencontré. Je lui ai offert une Georgette qu’il a trouvé intéressante mais qu’il ne mettrait pas dans son restaurant. Un de mes rêves serait de mouler sa main tenant une spatule, symbole d’un homme devenu une légende de son vivant, c’est plutôt rare.
  • Guy Savoy a qui j’ai fait récemment une démonstration de la Georgette. Il m’a dit « c’est amusant votre Georgette » et il s’est repris confus de l’expression employée en disant « c’est plutôt du bon sens votre couvert, il va trouver sa place ».
  • Guillaume Gomez : Bien que responsable des cuisines de l’Elysée, cet homme n’est pas coincé, il manie aussi bien les ustensiles de cuisine que les réseaux sociaux pour accompagner l’innovation.
  • Stéphane Jégo le chef de l’Ami Jean à Paris qu’Alain Ducasse m’a présenté, est un fou furieux qui me plait. Il est aussi exubérant que respectueux de son métier, de ses clients et de son équipe je crois. Il n’y a pas que dans les Pyrénées qu’il y a du relief!
  • -franck-putelat , après lui avoir présenté mes Georgettes, je me suis retrouvé à midi sur le parking du restaurant, j’ai regretté de ne pas avoir troqué quelques Georgettes contre un repas… J’y suis retourné, j’ai proposé le troc, le chef a accepté. Je n’ai rien choisi…j’ai tout aimé…je n’aurais pas du accepter le café gourmand…Eric Guerrin, j’ai aimé l’homme et son univers. La prochaine fois, j’irai à la chasse avec lui j’espère.
  • -frank-renimel, je ne savais même pas qu’il avait des Georgettes à sa table ! Il aime profondément ce couvert. Il a osé une expérience socio-culinaire avec Yannick Delpech au lycée Renée Bonnet à Toulouse qui a permis de réunir la moitié des chefs d’Occitanie. Chapeau et Merci!

Mais aujourd’hui vous êtes un ichnologue, un chef d’entreprise, ou autre chose ? Un peu tout cela ! Je suis le gérant de Model Nature une entreprise qui fournit des moulages de traces d’animaux à travers la France et au-delà, il y a de fortes chances que les moulages que vous voyez dans un musée, un zoo viennent d’ici. Nous assurons aussi des formations à l’ichnologie. Je suis le président de l’association L’œil aux Aguets qui organise des sorties en montagne, des sorties pédagogiques et qui gère le parc à thème « Au pays des Traces » à Saint Lizier. Nous permettons à 5 personnes en hiver et à 9 personnes en été de travailler dans leur domaine de passion et d’accueillir chaque année entre 5 000 et 6000 visiteurs. Je suis également le gérant de l’entreprise TRACKS and GEORGET qui fabrique et commercialise Georgette. Et puis j’ai dépassé 50 ans, le compte à rebours a commencé, il m’aura fallu du temps, beaucoup de temps pour comprendre l’intérêt transversal de l’étude ichnologique. Etant davantage darwinien que créationniste j’ai donc de moins en moins de temps à perdre pour continuer à étudier, créer et espérer être utile en laissant quelques traces.

Vous avez de nouveaux projets ? Oui je voudrais créer un conservatoire des traces, et une école d’ichnologie appliquée ou des classes de découvertes et des centres de loisirs seraient accueillis. Nous avons le permis de construire pour l’école et un bâtiment de 1600 m2 à rénover, c’est une ancienne papeterie. Yves Coppens le paléo-anthropologue soutient ce projet, il m’a d’ailleurs invité au collège de France pour une conférence… Ces projets sont en bonne voie grâce à toute l’économie générée par la Georgette qui est de moins en moins une utopie.

Comment résumeriez-vous votre philosophie de vie ? Elle tient en 3 points : Avoir envie d’apprendre, Savoir faire quelque chose, Oser prendre le risque.

Ces échanges sincères et profonds avec Jean-Louis Orengo ont été un très bon moment.Je partais à la rencontre de l’inventeur de Georgette, j’ai rencontré un humaniste convaincu, un amoureux de la nature. Il est rafraichissant et rassurant de savoir qu’il est des passionnés qui portent des rêves, des projets. Merci Monsieur pour le temps que vous m’avez accordé.

6 commentaires sur “Rencontre avec Jean Louis Orengo, aventurier, explorateur, ichnologue et inventeur de la Georgette

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  1. Ton échange avec Jean Louis Orengo est passionnant et j’adhère totalement à ce qu’il dit sur l’école, sur la vie…..
    « L’école devrait davantage servir à donner envie d’apprendre qu’à remplir des têtes de programmes qui fabriquent des clones du savoir.  »
    MERCI pour cet article qui me fait découvrir la Georgette….

    1. Avec plaisir, cette rencontre et ce temps d’échange furent pour moi un vrai bonheur! Cet homme est impressionnant et son invention est géniale!!!

    1. Merci! J’adore cette chronique de mes rencontres mais en toute honnêteté, elles ne sont pas toute aussi passionnantes que celle ci!!! Bon après midi

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